Sauvée de la noyade !

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’une poule qui a failli se noyer.

 

C’était la fin d’après-midi, je m’apprêtai à faire des mousses au chocolat comme les enfants m’en avaient réclamé. Mais, plus d’oeufs ! Pas grave, je vais aller en chercher directement au poulailler, au moins ils seront bien frais.
J’enfile mes bottes et je sors dehors vers le poulailler. Il fait un magnifique soleil et la température est digne un bel été alors que nous ne sommes qu’au mois d’avril. Je savoure la chaleur et le calme de la campagne.

 

Mais alors que je traverse le parc des poules, je passe près d’un bac en plastique, un grand bac d’une contenance de 100 litres. Il est resté là tout l’hiver, j’aurais dû le rentrer et il est désormais plein d’eau. Je vois plusieurs poules perchées sur le bord et occupées à boire en se penchant dangereusement au-dessus de l’eau.

Je me dis :
– Oh lala, s’il y en a une qui tombe là-dedans, elle n’arrivera pas à ressortir toute seule, les bords sont trop hauts.

Et en continuant à m’approcher je vois des plumes dans l’eau !
– Ah bah voilà !

L’expression m’échappe tout haut.
En arrivant près du bac, je vois la tête de la poule qui dépasse de l’eau, elle a les yeux fermés.
– Mais ?! Elle est vivante !

Je la touche et elle ouvre les yeux !
J’attrape aussitôt la pauvrette et je la pose par terre ! Elle était debout dans le bac, juste assez grande pour que sa tête dépasse au-dessus du niveau de l’eau. Depuis combien de temps est-elle là-dedans ? Depuis ce matin ? Depuis une ou deux heures ? Impossible de savoir.

 

La malheureuse a le plumage imbibé d’eau verdâtre ! Elle ne tient plus debout et tombe sur le côté. Je la reprends, encore dégoulinante d’eau et je la vois secouée de spasmes. Elle a froid !
Je l’emmène au soleil pour qu’elle se réchauffe et que ses plumes sèchent un peu. Je lui écarte les ailes en espérant qu’elles sécheront plus vite ainsi. Ses plumes sont toutes vertes à cause de l’eau qui est sale. Je lui apporte un peu de nourriture, mais ça ne l’intéresse pas. Elle semble trop faible pour s’inquiéter de manger. J’espère que la pauvre poulette survivra, elle est toujours secouée de spasmes.

Je l’abandonne au soleil, car je voudrais terminer ma cuisine avant que les enfants rentrent, et puis je sais que je reviendrai dans deux heures maximum pour fermer le poulailler. J’attends de voir si le soleil la revigore un peu.

 

Pendant le repas, j’explique aux enfants les malheurs de la pauvre poule, et je réfléchis à ce que je pourrais faire. L’important est de la réchauffer car elle est en hypothermie à cause de son séjour prolongé dans l’eau (je devine qu’il a dû durer plus que deux heures…). Je vais utiliser les lampes chauffantes que j’avais pour les poussins et je vais l’isoler, elle passera la nuit au chaud.

 

Sitôt le repas terminé, j’emmène les enfants avec moi et nous retrouvons la poule au soleil, là où je l’avais laissée. Elle est couchée sur le côté, mais toujours vivante. Ouf ! Je la prends et la mets contre moi pour la réchauffer. Ses spasmes ont cessé, c’est bon signe.

Avec l’aide des enfants, nous lui aménageons une petite case avec de la paille sous la lampe chauffante et nous l’installons pour la nuit. Je la cale avec de la paille, sinon elle bascule toujours sur le côté. Ça m’inquiète un peu, mais je ne peux pas faire grand chose de plus. Nous avons mis de la nourriture et de l’eau dans la petite case, elle y est à l’abri des prédateurs, il n’y a plus qu’à espérer qu’elle soit en forme demain.

 

Le lendemain matin, je retrouve ma poulette perchée sur le bord du nid de paille. Elle a repris de la vigueur et à part quelques traces vertes dans ses plumes, il n’y paraît plus ! Je suis contente de la voir sur pieds ! Je lui montre la nourriture et l’eau car elle n’a pas l’air d’y avoir touché. Elle mange voracement comme une poule en bonne santé. Je décide de la laisser toute la journée dans la petite case pour qu’elle se retape avant de la remettre avec les autres.

 

Le soir, avant de la relâcher dans le grand poulailler, je lui fixe une bague rouge à la patte. J’ai encore peur qu’elle développe une infection suite à son bain prolongé dans l’eau saumâtre. Si c’est le cas, je saurais facilement que c’est elle. Sinon parmi les 400 autres poules, je ne la reconnaîtrai pas !

 

Une semaine après, la petite rescapée est toujours là. Elle est même devenue très familière, comme si le fait d’avoir été manipulée pendant quelques heures lui avait appris à ne plus se méfier autant de moi. Elle fait d’ailleurs maintenant partie des dernières poules à rentrer le soir, et même le chien n’arrive pas à l’effrayer! Je dois presque la prendre pour la faire rentrer dans le poulailler en même temps que les autres !

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